Porsche 911 S 2.4 1972

 

Impressions de route

 

Après huit mois de travail et d’attente, le véhicule est mis en circulation au début mai 2004. S’il fut très passionnant et intéressant de suivre l’ensemble des travaux, le moment de la livraison fut empreint d’une grande émotion : j’avais le sentiment d’être chez le concessionnaire Porsche dans les années 70 au moment de prendre livraison d’une 911 neuve commandée 8 mois auparavant !

 

Après un petit tour du véhicule et quelques brèves explications, il était temps de tourner le contact et d’entendre (enfin) cette fabuleuse mécanique, dont j’avais tant entendu parler. Déjà très envoûté par le bruit du moteur, je ne fus pas déçu par les premiers tours de roues. Un rêve de gosse venait de se réaliser et l’espace de ces instants magiques, le monde s’étant arrêté de tourner autour de moi, je n’avais qu’une seule chose en tête : ROULER.

 

Sans perdre un seconde, je parcourus d’une traite 300 kilomètres pour rejoindre mon domicile qui se trouvait pourtant à 65 kilomètres de là… en prenant bien garde d’emprunter le chemin le plus sinueux et vallonné ! Après plusieurs heures de conduite intense, il ne fut pas facile de se résonner à rentrer, mais l’appel de la pompe mis un terme à cette merveilleuse ballade.

 

Le lendemain, tout excité à l’idée de faire rugir à nouveau le moteur, je repartais pour un tour. Mais attention à ne pas me laisser emporter par mon enthousiasme ! Car pendant les 1500 premiers kilomètres il fallait garder l’œil sur le compte tour et veiller à ne pas dépasser les 4500 tours. Le rodage fut rapidement terminé et après une semaine de retenue, il était temps d’explorer la zone interdite. Et là… quel bonheur de pousser le véhicule au-delà des 4500 tours et de ressentir pleinement la fougue et la vivacité du moteur. Car passé ce cap, le moteur donne un puissant coup de fouet jusqu’à 7200 tours dans un bruit rauque et métallique assourdissant. La zone rouge est rapidement atteinte et il convient de passer le rapport supérieur, sous peine d’être remis à l’ordre par l’entrée en action du rupteur situé aux alentours de 7500 tours.

 

Outre le charme dégagé par l’auto, je fus très vite impressionné par le comportement de cette véritable sportive : cette 2.4 colle littéralement le pavé et sa direction est ferme et précise. Très souple à bas régime, l’auto dégage très vite un tempérament de feu : ses accélérations et reprises sont foudroyantes, particulièrement en sortie de courbe et en montagne. Une fois le véhicule bien en main, chaque courbe devient un pur plaisir. Il est toutefois conseillé de bien freiner avant le virage et d’accélérer fortement seulement lorsque la voiture est bien posée : l’auto délivre alors toute sa puissance dans un bruit magistral. Mais attention à l’excès de confiance, car un coup d’accélérateur trop appuyé au mauvais moment (position instable) et la voiture se retrouver à l’équerre sans le moindre avertissement.

 

Durant les premiers milliers de kilomètres je sentais vraiment la voiture changer. En effet, la mécanique se mettait en place, les pneus se formaient et j’apprivoisais progressivement le véhicule. Le passage des vitesses se faisait de plus en plus doux et précis et moyennant un peu de pratique, le double débrayage devint un réflexe. Un peu plus tard avec un peu d’habitude le talon-pointe s’imposa pour une conduite sportive efficace, notamment en montagne.

 

A ce jour, après plus de 10000 kilomètres l’émotion est toujours aussi forte au moment de prendre le volant et le plaisir toujours aussi intense. Car malgré son âge, l’auto est vraiment vivante et reste une formidable sportive, offrant de véritables performances et sensations de conduite que l’on peine à retrouver sur les véhicules actuels.

 

Renzo